Choisir des protocoles de reproduction et de naissance

Pour une espèce donnée, il existe deux protocoles de reproduction :

- La reproduction en couple ou en trio  :  cette méthode consiste à obtenir une reproduction à partir d’un seul couple maintenu isolé dans un bac spécifique, , à l’exemple de la reproduction des betta

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Pour les Tropheus, ce protocole est particulièrement délicat et exige de la part de l’éleveur une grande disponibilité et expérience car le risque de perdre la femelle est important. Par contre, il permet une gestion plus fine des  reproductions (meilleure traçabilité, recherche plus facile des tares). Nous l’employons pour des souches particulières lorsqu’il s’agit de conserver un patrimoine génétique intéressant (F0  rare). Actuellement, nous étudions d’autres systèmes, afin de mieux protéger la femelle. 

- La reproduction en groupe : cette méthode, plus classique, consiste à obtenir une reproduction à partir d’un groupe maintenu dans un bac spécifique. 

Par rapport à la reproduction en couple, cette méthode est, de loin, la plus facile à gérer mais, sans techniques particulières, elle ne permet pas, s’il s’agit d’un souche de F0, d’exploiter pleinement le potentiel génétique du groupe, ce qui est dommage ; la maintenance du groupe sur plusieurs années doit être très surveillée : pour les Tropheus, cette option peut  être améliorée en disposant d’un groupe dont le sexe ratio est  équilibré ou, au contraire, d’un groupe « harem » , soit, par exemple, 4 mâles pour 25 femelles ; par  ailleurs, la gestion des reproductions n’est pas évidente si on souhaite, ensuite, croiser les jeunes issus de cette première reproduction (incertitude sur les véritables  

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géniteurs). Ce dernier point n’est pas un obstacle immédiat si l’on dispose de plusieurs souches, mais il peut devenir problématique pour les reproductions ultérieures en réduisant les capacités théoriques de croisement. 

 

Pour les naissances, nos protocoles  sont les suivants :

Lorsque les conditions sont réunies, nous privilégions le lâcher naturel des jeunes par la femelle ;  si nous avons besoin de jeunes, nous isolons la femelle dans le bac de reproduction ou dans un bac contigu ; cette option permet de tranquilliser la femelle, d’avoir plus de jeunes, et d’étudier, par exemple, certains aspects de la fécondation lorsque l’incubation est menée à terme

Dans certains cas particuliers, par exemple lorsque le groupe souche est rare et qu’il est important d’avoir de nombreux jeunes, nous provoquons la naissance en faisant « cracher » la femelle, vers 18 à 20 jours, c'est-à-dire quand les jeunes sont formés, sac vitellin résorbé (nous ne sommes pas pour la récolte d’œufs placés en incubateur) : ce protocole exceptionnel est employé lorsque les jeunes ont une importance particulière ;  il permet aussi d’étudier concrètement les différences entre un lâcher naturel et une naissance provoquée. Alors que les Tropheus sont connus pour avoir une faible production de jeunes, ce protocole nous a déjà permis plusieurs constats intéressants.

Bien évidemment, le processus de reproduction à retenir est fonction des caractéristiques de l’espèce, par exemple pour les cichlides vivants en couple formé ou pour d’autres familles de poissons.

Très techniques, les processus de reproduction font l'objet d'un exposé détaillé (conservation et diffusion) que vous pouvez lire ici