Éviter la consanguinité

 

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La consanguinité est définie comme étant le résultat d’une reproduction sexuée entre deux individus apparentés (c'est-à-dire ayant un ou plusieurs ancêtres communs). Pour un descendant donné, elle est d’autant plus importante que le lien de parenté entre les géniteurs est étroit (Wikipediea)     

Par rapport à la diversité génétique, le problème de la consanguinité (encart) se pose différemment. Dans leur biotope,  les poissons d’une même espèce sont plus ou moins « consanguins » car ils ont tous un lointain ancêtre commun.

Ce qui pose problème, c’est la reproduction entre deux individus disposant d’ancêtres récents ; dans ce cas, la consanguinité  se traduit par une « dépression de consanguinité » , avec les éventuels effets négatifs associés : elle doit donc être évitée, à moins qu’on ne cherche à fixer des caractéristiques comme le font les éleveurs pour les poissons de concours.

Il est vrai que les inconvénients de la consanguinité ne sont pas toujours évidents car de nombreux amateurs maintiennent des Fx sans percevoir d’effets  visibles (Par exemple, le célèbre (Labidochromis caeruleus ) : mais ces poissons font rarement l’objet d’une étude exhaustive et sérieuse, par exemple sur la dominance  d’un sexe dans les  reproductions ou sur la résistance aux maladies. 

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Dans certains cas, les amateurs tolèrent même des transformations progressives (par exemple du patron mélanique)…qu’ils n’auraient pas admises si elles avaient affectées les souches ! 

C’est pour cette raison que nous avons décidé de partir sur de bonnes bases en réduisant au strict minimum les risques de consanguinité avec des protocoles  très précis (même si pour les Tropheus, la manipulation des groupes, les fusions, les changements sont délicats) : 

Pour la conservation :

            // Souches F0 : Le fait de multiplier les sources (au minimum 4) et  de prélever des sauvages dans des importations différentes semble acceptable car ils  ne sont pas susceptibles d’avoir une parenté proche (mais on peut s’interroger sur le niveau de consanguinité de certains groupes offerts par  le commerce,  par exemple de très jeunes T  duboisi Maswa, qui peuvent avoir été péchés sur un même site et avec un seul coup de filet…) ou les espèces pêchées dans de très petites colonies.

           // Souches F1 :  nous essayons de voir et d’identifier les géniteurs F0 ; s’il s’agit de jeunes,  nous prenons des groupes importants (30 individus) afin d’éviter d’avoir une ponte d’un seul couple (certains éleveurs disposant de plusieurs groupes de sauvages « fusionnent » les jeunes obtenus à partir de ces différents groupes, ce qui constituent une bonne solution .. Il est bien évident que, dans ce cas, il existe un risque de consanguinité dans la souche F1, mais ce risque est, en général, de faible probabilité; il sera ensuite fortement atténué puisque les reproductions seront croisées. (voir processus)

           //Les individus « conservés » sont des +1 par rapport à la souche et toujours croisés

           // Les individus proposés à la diffusion (reproduction excédentaire en conservation) sont de niveau +2 (maximum) par rapport à la souche, mais résultent toujours d’un croisement entre deux filières différentes et connues. 

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Pour la diffusion :

          // Comme les souches sont composées de jeunes F1, les mêmes précautions sont prises que pour les F1 souche ci-dessus : sources diversifiées, etc. Lorsque cela est possible, nous recherchons des solutions d'achats spécifiques afin de réduire la probabilité de consanguinité.

         // Les jeunes proposés à la diffusion sont de niveau +1 par rapport aux souches mais résultent toujours d’un croisement entre deux filières différentes et connues. (l’amateurs peut ensuite fusionner).

Pour ce qu’il gère ou produit, le programme respecte donc un protocole permettant de réduire au maximum les risques de consanguinité. Conformément aux recommandations de  l’AFC, les poissons seront cédés avec un certificat mentionnant toutes les informations utiles sur la parenté, y compris les informations sur les autres filières compatibles (s’ils le souhaitent, les amateurs pourront donc effectuer plusieurs croisements sans risques). Des que possible, ces certificats seront repris dans un fichier national mi en ligne.

Mais la remise de ce document par les membres du programme sera inutile si les amateurs ne modifient pas leurs pratiques : il est très important qu’ils ne cèdent plus à la facilité en croisant des poissons sans se poser les bonnes questions. Les bourses, les responsables des régions, les clubs peuvent contribuer à cette prise de conscience ; ils peuvent aussi aider directement les amateurs . A l’évidence, il s’agit d’une modification profonde des pratiques, mais pas d’un travail difficile et insurmontable : progressivement, il faut rassembler et conserver les informations sur les origines d’un poisson (ou d’un groupe), les échanger et ne croiser un poisson que si les résultats ne conduisent pas à des risques importants de consanguinité. C’est tout l’apport du volet diffusion.

Remarque : ce n’est pas parce que des poissons ne sont pas consanguins qu’ils sont forcement génétiquement sains : ils peuvent porter des caractéristiques masquées, récessives (des défauts invisibles à l’œil) et les transmettre à leur descendance : c’est l’utilité du suivi des souches.