La maintenance de sujets sauvages est elle toujours justifiée ?

D’une manière générale, la détention d’un poisson sauvage est souvent vécue par les aquariophiles comme un « must ». Certains diront que cela ne flatte, bien souvent, qu’un ego un peu sensible, mais ce sont de fort mauvaises langues !   D’autres observeront que le problème ne se pose pas pour eux, puisque les rares sauvages sont ceux qui sont ramenés par les copains ou les grands voyageurs.

Puisqu’il est souvent difficile d’en discuter et d’aboutir à des conclusions claires, nous n’allons pas ouvrir ce débat mais  hardiment exposer notre position acquise après de nombreuses années d’expérience.

Parler des sauvages, c’est, pour essayer d’être un peu rationnel, évoquer deux questions :

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 - La détention de sauvages se justifie t elle ? Pour la majorité des amateurs, et si on laisse de coté l’aspect plaisir narcissique, le fait de maintenir des poissons sauvages n’entraine aucun avantage évident sous l’angle aquariophile puisque, à l’exception de quelques espèces, il n’y a pas de différences notables et visibles  avec un beau F1 (pour les Tropheus, il faut avoir une grande expérience pour reconnaitre certains signes caractéristiques.  Que l’acquisition de sujets sauvages par des spécialistes contribue à la connaissance de ces poissons et permette, par la diffusion, un accès plus facile à certaines espèces est non seulement souhaitable, mais indispensable. 

Mais l’acquisition de poissons sauvages par des amateurs peu expérimentés, voire débutants, et qui n’ont pas de raison particulière pour les maintenir devrait relever de « l’exception de l’exception », sans compter les doutes qui entourent ce qualificatif de « sauvage ».  Cette fixette sur le sauvage, a aussi un effet pervers en disqualifiant le beau F1 (ou F2) qui se trouve relégué avec les autres F50 : dommage !

-Prendre des F1 (ou F2) est il préférable ? la réponse est incontestablement affirmative : en dehors de leur prix, les F0 sont, n’en déplaise à certains amateurs, beaucoup plus sensibles, surtout à leur arrivée, et le resteront ensuite pendant un certain temps, en raison, notamment, de la difficulté de les déparasiter complètement. Pour les Tropheus, qui se maintiennent par groupe de 15 ou 20 au minimum, cela conduit très souvent à des catastrophes qui ne sont pas étrangères à la mauvaise réputation faite à ces poissons. Incontestablement, le choix très prisé d’acquérir des sauvages  (même par des débutants) explique, pour une part, que l’on

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trouve relativement peu de vieux groupes de Tropheus dans les bacs alors que ce poisson peut vivre en captivité plus de 10 ans : il en résulte une demande constamment renouvelée et sans doute excessive de sauvages.

Sur ce sujet forcément délicat, nous pensons que, pour la majorité des espèces, les prélèvements de sauvages peuvent être très sensiblement diminués, seuls des amateurs expérimentés devant les acquérir pour un objectif précis. Cela étant, se pose  la question de la disponibilité des F1 /F2 : nous allons y revenir en parlant de la diffusion…