Le genre Tropheus est il menacé ?

Situé en Afrique de l’ouest, le lac Tanganyika  présente des caractéristiques exceptionnelles : deuxième lac au monde par son volume et sa profondeur, il est, avec plus de 1500 espèces de plantes et d’animaux (300 espèces de poissons dont 250 sont endémiques),  parmi les écosystèmes d’eau douce les plus riches du monde. Il  a été l’un des lacs africains les plus étudiés, en particulier le  genre Tropheus.

Pour la faune du lac, les causes de ces menaces sont connues et bien identifiées :Comme un nombre croissant de biotopes, cette « mer intérieure » est en danger ;  depuis plusieurs années, la faune et la flore  doivent faire face à des menaces qui peuvent affecter la pérennité de certaines espèces.

Pour la faune du lac, les causes de ces menaces sont connues et bien identifiées :

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-La forte évolution démographique des populations riveraines  (un quasi doublement tous les 25 à 30 ans) entraine une croissance des besoins, avec une surpêche vivrière  non maitrisée (usage de filets fins par exemple) et une pollution qui ne peut être traitée par des infrastructures anciennes et peu efficaces.

-Les populations locales, souvent pauvres, aspirent à un niveau de vie supérieur et cherchent des activités économique nouvelles telle le développement de la pêche commerciale (exportation) qui semble avoir

 réduit considérablement les stocks de poissons ou celui de  l’agriculture, le déboisement dans le bassin versant provoquant une érosion  d’où un accroissement des sédiments ; on parle aussi de projets de recherche de pétrole….l’agriculture, le déboisement dans la bassin versant provoquant une érosion  d’où un accroissement des sédiments ; on parle aussi de projets de recherche de pétrole.

-Une  surpêche localisée des poissons d’ornements, afin de satisfaire une demande d’amateurs aquariophiles en croissance et en recherche permanente du « poisson rare et sauvage ».

 

Genre emblématique du lac, vieux de plus de 2 millions d’années, les Tropheus n’échappent pas, depuis quelques années, à cette funeste évolution. Ainsi, des organisations internationales de protection des espèces ont inscrit plusieurs variétés sur leur liste rouge, avec des degrés variables de sévérité :Zone de Texte: L’IUCM (Union Mondiale de Protection de la Nature) est un organisme non gouvernemental dont le but est de recenser les espèces en danger et de proposer des solutions pour assurer leur conservation.Enfin, comme pour d’autres milieux aquatiques, des études ont mis en évidence un réchauffement  sans précédent des eaux du lac au siècle dernier avec de probables effets sur la faune et la flore.

              IUCM (Union internationale pour la Conservation de la Nature)

                          Tropheus annectens Statut: Least Concern ver 3.1

                          Tropheus brichardi Statut: Least Concern ver 3.1

                          Tropheus duboisi Statut: Vulnerable D2 ver 3.1 

                          Tropheus kasabae Statut: Least Concern ver 3.1

Tropheus moorii (Blunthead Cichlid) Statut: Least Concern ver 3.1

             CARES

                          Tropheus duboisi Maswa (116)  CCR

                          Tropheus moorii Ilangi (Kasaba bay) (0512) CEW

            Tropheus  "murago" Tanzania  (116) CCR

Ces informations sont aussi mentionnées sur le site lake-tanganyika-conservation (B Jonas)

                         Tropheus moorii « ilangi »
                       Tropheus moorii « nkonde »

                         Tropheus « murago » (Tanzania)

                         Tropheus sp. yellow cheek Kolongwe (Korongwe)

                         Tropheus duboisi Maswa, Kabogo & Kalago (Karago)

 

En lui-même, le genre Tropheus ne semble pas encore menacé mais la situation peu s’avérer très critique pour certaines espèces ou petites colonies frappées par la surpêche.

Même si les informations portant sur les atteintes subies par les colonies de Tropheus doivent être prises avec de grandes précaution, même si la taille de ces dernières est encore largement suffisante, 

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le fait que ces menaces soient maintenant concrètes ne doit pas être sous estimé.

 Déboisement, déjà en 1991 (R Allgayer)

Les états riverains sont tout à fait conscients de la détérioration progressive de la faune du lac qui constitue, de surcroit, une base alimentaire pour les populations riveraines. Mais on voit bien que les plans qui se succèdent, avec l’aide de la communauté internationale, peinent à réduire notablement les risques car il existe des freins importants ;  

parmi eux :


- L’existence de nombreux problèmes économiques et sociaux, très consommateurs d’investissements, ne permet pas d’accorder une forte priorité aux aspects purement écologiques

 

- Les traditions culturelles et l’instabilité politique freinent une évolution pourtant nécessaire des structures sociale et handicapent une application stricte des réglementations, notamment pour les parcs et réserves.

-Pour les cichlides, la demande de poissons sauvages reste forte et la pression exercée par certains pays importateurs ouvrent la voie au pillage des certaines colonies .D’après nos informations, il semble

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même que la perspective de nouveaux marchés très rentables aient provoqué l’installations récente de nouveaux pécheurs exportateurs guidés par la recherche d’un profit immédiatet qui désorganisent les pêcheries traditionnelles du lac en intervenant sans zone définie et, parfois sans véritable autorisation de pêche. Il en résulte  un « pillage » des petites colonies et des exportations illégales jusqu’en Europe.. De leur coté, les parcs et réserves tentent d’accroitre leur surface côtière et durcissent progressivement leur réglementation mais les contrôles s’avèrent toujours difficiles.

    - Les quelques fermes aquacoles locales  de poissons d’ornements ont disparu. La plus ancienne, que beaucoup d’aquariophiles ont injustement critiquée ces dernières années, rencontre des difficultés qui pourraient bien obérer son avenir.

Sous l’angle restreint de l’aquariophilie, sous estimer cette situation constitue une erreur, d’autant que les dégradations du milieu peuvent intervenir très rapidement comme le montre, par exemple, les profondes perturbations des équilibres écologiques  du lac Victoria (sous l’effet, notamment, de l’introduction du Lates,  la Perche du Nil.

Sur ce sujet, nous pensons que les amateurs doivent bien sûr se sentir concernés, mais pas seulement : ils doivent trouver les moyens de s’impliquer dans le combat de la protection des espèces, même si les effets de leur action sont progressifs et limités.