Peut-on acquérir moins de poissons adultes ?

Il n’est pas rare que les amateurs souhaitent acquérir, en priorité, des poissons adultes : identification plus fiable, sexage plus facile, évaluation plus aisée pour repérer les défauts, et plaisir plus rapide.  D’une certaine façon, les bourses ont, en France, accentué cette préférence en n’acceptant pas le plus souvent des petits lots de jeunes.

Appliquée aux Tropheus, poissons grégaires, cette préférence pour les adultes s’explique aussi par la connaissance immédiate du sexe ratio, une donnée sensible pour la maintenance ; elle a toutefois de remarquables inconvénients : d’une part, il est en général plus difficile d’acclimater des Tropheus adultes (et encore plus de fusionner deux groupes) ; d’autre part,  les Tropheus s’achètent par groupe de 15 individus au moins, ce qui représente un budget significatif (de l’ordre de 300 E au moins s’il ne s’agit pas de F0, et de 700 E dans la cas contraire).

Compte tenu de la morosité économique, certains éleveurs  étrangers, ont vite compris l’intérêt de proposer des jeunes (2-3 cm) avec un petit prix, permettant aux acheteurs d’envisager un groupe plus important, quitte à différer la gestion du sexe ratio.

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C’est ainsi que les stocks listes de plusieurs enseignes renommées proposent de plus en plus de jeunes, à un prix attractif. Ces établissements sont connus, sérieux et vendent des reproductions de qualité. Pour cela, ils s’appuient sur un réseau d’éleveurs et/ou d’amateurs avec qui ils nouent  des relations biunivoques: l’éleveur est aidé pour acheter un groupe de sauvages (voire même pour obtenir –chose rare- un véritable harem- ) et, en contrepartie, il vend ses reproductions de jeunes à son magasin , (et aussi directement à des amateurs).. )..  véritable partenaire souvent  « officiel »...  

Mais cette tendance fait aussi le bonheur d’autres enseignes, moins scrupuleuses sur la qualité, et qui, puissantes, se sont organisées pour être capables  de déverser, sur le marché aquariophile,  des jeunes à un prix très compétitif (des éleveurs en Europe de l’est commencent même à confier le grossissement des alevins à des éleveurs allemands, pour revendre ensuite les jeunes…notamment en France).

En France, une telle pratique est peu utilisée (surtout pour de très jeunes poissons), d’abord, comme nous l’avons vu, en raison de la réticence quasi culturelle à acheter des jeunes ; ensuite, les contraintes de la réglementation sont aussi un frein puissant  et ont sans doute empêché que se nouent entre les amateurs et les magasins de telles relations « officielles ».Cela signifie que les amateurs français, à défaut de  dépenser une petite fortune, vont devoir de plus en plus acheter des jeunes produits à l’étranger et dont certains seront de qualité plus que douteuse.

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Les solutions pour éviter cette situation désagréable passent, de notre point de vue, par une réflexion approfondie sur la production de jeunes, mais aussi sur leur diffusion : pourquoi, ce qui est possible dans d’autres pays, ne le serait pas en France alors que les échanges de poissons sont nombreux ?