Et l’idée d’un programme de conservation-diffusion est née…

Bien qu’elles portent surtout sur les Tropheus du Lac Tanganyika, nos réflexions nous semblent constituer un exemple significatif, car il n’est pas déraisonnable de penser que, pour beaucoup d’espèces de poissons d’ornements, le paysage va durablement changer et que les pratiques aquariophiles en seront affectées : les niches exploitées par les pays asiatiques et, plus récemment, par des pays de l’Europe de l’Est, en sont un exemple patent.

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Il est fort probable que les tendances actuelles vont influencer le hobby des aquariophiles, en particulier celui des cichlidophiles, qui va entrer dans une mue profonde et cela doit, à notre sens, interpeller les  amateurs et leurs organisations. L’existence d’espèces menacées est une alerte pour les aquariophiles, un signal qui devrait les faire s’interroger sur une forme d’égotisme dépassé et dangereux :

 quel sens cela a-t-il de continuer à prélever des sauvages, à acheter, en masse, des poissons que l’on sait en danger ?

Que faire ? Que peut-on faire concrètement ?

 

Menées durant ces dernières années, ces réflexions nous ont amenées progressivement à envisager l’idée d’un programme de conservation ET de diffusion : puisque certaines espèces étaient menacées, puisqu’il était probable que l’offre et la demande allaient évoluer, puisqu’il devenait possible de prendre des jeunes afin de prélever des sauvages de façon exceptionnelle, alors il y avait peut être une piste pour ne pas subir.

Le concept de conservation a été maintes fois discuté, mais beaucoup d’expériences ont échoué. Nous n’avons pas trouvé de projets actifs, en France, pour le lac Tanganyika, malgré un intérêt assez large du milieu aquariophile pour les poissons de ce lac. 

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Pour les cichlides africains des grands lacs, nous n’avons identifié qu’un seul projet (belge)  en cours (pour P saulosi) auquel participent des amateurs français.


Pour vous rassurer, nous pensons nécessaire de préciser que nous sommes tout à fait conscients de la difficulté de ce genre de projet, de son aspect un peu « fou » : mais nous ressentons le besoin de sortir de l’indifférence, d’agiter des idées nouvelles, et, surtout, de nous frotter au concret. Agir pour ne pas subir : c’est donc, pour une part,  à un partage de notre rêve « éveillé » que nous vous invitons…
 

Nous serons satisfaits si dans 5 ans, et encore dans 20 ans, nous pouvons constater que nous avons contribué à la conservation de certaines espèces et à la diffusion d’autres. Mais nous serons encore plus heureux si cet article a fait naitre des questions, des réflexions, des actions concrètes, bref un « mouvement » : bouger, bouger vite, voilà l’essentiel.