Problematique générale de la conservation

Problematique générale

Chemin faisant, nous nous sommes aperçus qu’il y avait, en fait, une série de problèmes à résoudre – ou d’options à prendre-  même en restant sur un niveau amateur :

5/1 choisir des souches sauvages de qualité et diversifiée

Le choix de souches F0 pose d’emblée de sérieux problèmes : qu’est ce qu’un F0 ? Comment reconnaitre une « belle souche ? Comment l’obtenir, comment avoir un minimum de garantie sur son origine (dont lieu de pêche) ? Comment obtenir plusieurs souches, d’origines différentes, et pour un cout acceptable ? Pour ce qui concerne les espèces menacées et dont la pêche est réglementée (suspendue, interdite), quelle position prendre face aux importations « sauvages » de F0 ?

5/2 maintenir ces souches avec un max de réussite et de sécurité

Réussir à maintenir des F0 ne revient pas seulement à assurer une bonne acclimatation ; il faut aussi réfléchir à la sécurisation de ces souches (protection contre un incident grave chez un amateur) et aussi aux techniques permettant de limiter les risques lors des phases de reproduction (ne pas mettre en jeu la vie des poissons).

5/3 organiser la reproduction de ces souches :

Les souches étant choisies et maintenues, il faut examiner :

-         les méthodes de reproduction : reproduction en bac d’ensemble, en bac spécifique en groupe (avec ou sans harem) et, enfin, en couple ou en trio. Chaque technique a ses avantages et ses inconvénients, qu’il convient de bien examiner ; certaines techniques exigent aussi une grande connaissance des Tropheus et une expérience pratique pointue.

-        les méthodes de naissance : faire cracher les femelles est la solution la plus répandue pour obtenir une bonne « production » (avec, on non, recours à un incubateur); toutefois, et en dehors du débat portant sur cette pratique artificielle, le lacher naturel peut permettre d’obtenir des informations concernant la fécondité réelle des Tropheus.

5/4 assurer la conservation des souches dans le temps

Nous l’avons dit : la question de la conservation des souches doit  integrer celle du temps, car au fur et à mesure, les groupes de F0 vieillissent, la fertilité baissant au delà de 5  à 8 ans, selon les espèces ; à ce niveau, il existe deux problématiques différentes qui illustrent bien la difficulté de la conservation :

-        Pour la majorité des espèces, on dispose encore de l’arrivée ponctuelle  de sauvages : la base de la conservation est donc constituée de souches F0 qu’il convient de rajeunir de temps en temps.

-        Mais certaines espèces menacées font d’ores et déjà l’objet de restrictions de pêche, voire de suspension longue, et entraine une rareté des F0 qui n’est pas compatible avec une conservation permanente. C’est ici que l’introduction de F1 dans le processus de conservation et de reproduction prend toute son importance.

5/5 s’organiser diffuser la reproduction excedentaire pour offrir en permanence des lots le moins consangins possible aux amateurs (n’ayant pas de préoccupations particulieres de conservation)

Les souches servant pour la conservation vont produire de jeunes en excedent. Il faut donc étudier les caractéristiques des groupes à offrir (taille, nombre, niveau de consanguinité, sexe /ratio) et  s’organiser pour diffuser cette reproduction dont la vente peut alimenter une « cagnotte »

 

Peut aussi servir à alimenter une cagnotte ; exemple : 50 F1 5 cm, vendus 5e/p = 250 E = de 6 à 8 sauvages

Cette organisation peut aussi constituer un modele pour les amateurs dédirant diffuser leur jeunes sans pour autant avoir les obligation de la conservation (especes plus courantes)

Le niveau de la » production » peut etre adpté à la emande, mais ne doit pas etre limité dans un premier temps ; si le projet réussi, il faut aussi explorer les possibilités de ventes à l’etranger (ou d’échanges)

5/6 définir une organisation générale (dont moyens) permettant de répondre à ces problematiques

Les  expériences de conservation des espèces ont été anciennes et nombreuses, mais elles ont échoué très souvent, malgré une motivation forte de leurs auteurs : la difficulté de cette question et donc bien réelle. Ces abandons sont souvent dus à des difficultés propres aux espèces elles-mêmes, mais d’autres facteurs expliquent ces échecs et participent d’une approche trop réductrice de la conservation ; en particulier :

-        Un manque d’ouverture : conduire ce genre d’opération en « vase clos » (comme souvent dans le milieu des passionnés) est, à notre avis, mortel ; pour réussir, cette initiative a besoin de faire le plein des idées neuves, des expériences de toute sorte, des compétences multiples ; elle doit exploiter des relations fortes, en amont comme en aval. Il convient donc d’être, au maximum, ouvert aux idées, aux hommes, aux techniques.

-        Un accent insuffisant sur le travail en groupe : la mise en œuvre de la conservation des espèces se heurte à un obstacle « dur » et propre à notre hobby : une pratique  par nature solitaire. Or, nous pensons que, pour cette question difficile,  le jeu « en solo » conduit à l’échec dans le temps, quelle que soient les compétences et l’expérience de l’amateur. Pour réussir, nous pensons que seul un groupe est assez solide pour affronter le temps, les problèmes, les inévitables incidents. Mais ce groupe doit former une communauté réelle,  reposant sur des valeurs, des objectifs et un ensemble de processus partagés.

-        Une vision sommaire des aspects concrets : méthodes, protocole, mais aussi répartition des taches entre les amateurs, organisation des moyens matériels, etc.

 

La conservation est un sujet dont la complexité ne doit  pas être sous estimée, notamment parce que les solutions mises en place doivent résister au temps.  Cela veut dire que, pour obtenir de bonne chance de succès, il nous semble impératif que ce genre de programme soit examiné globalement : il doit reposer  sur une réflexion approfondie débouchant sur une organisation définie avec précision.