Plongée dans le groupe  « yellow rainbow »

 Tropheus Moori :

Plongée dans le groupe  « yellow rainbow »

Et regards sur la maintenance

Par Patrick Le Houedec ( AFC 1010-56 )

Le genre Tropheus a été décrit par GA Boulenger en 1898. Les Tropheus du groupe « yellow rainbow appartiennent à l’espèce Tropheus Moori qui a également été décrite par Boulenger en 1898, à partir d’un spécimen collecté près de Mpulungu en Zambie.

Les Tropheus du groupe « yellow rainbow » ne font pas partie des poissons du lac Tanganyika les plus populaires, c’est vrai que dans les bacs de vente, ils ne présentent pas toujours leurs plus beaux atours. Je vous propose de faire leur connaissance, puis, je vous rappellerai les principes de base pour la maintenance des Tropheus en aquarium, ainsi que mes pratiques personnelles.

Dans le titre de mon article, je parle de « groupe » yellow rainbow. Selon monsieur Larousse, un groupe est un ensemble d’animaux défini par une caractéristique commune, dans le cas qui nous concerne, c’est d’abord le patron de coloration. Chez les poissons dominants, et les adultes maintenus dans de bonnes conditions, la tête est rouge, le haut du corps gris-vert, les flancs et les nageoires sont jaunes et la queue gris foncé ou noire. Bien sur, l’intensité de ces couleurs peut varier suivant la position hiérarchique des individus dans le groupe, ou le lieu où le poisson a été pêché. A noter une petite particularité pour les poissons pêchés près du cap Kabayeye qui ont des petits points bleu clairs sur la tête. La deuxième caractéristique commune à ces poissons est la zone où on les pêche.

Mon premier contact avec des Tropheus Moori du groupe « yellow rainbow » datent de l’année 1991, un ami (merci Bob) m’avait offert deux couples de Tropheus Moori Nangu qui ont obstinément refusé d’assurer leur descendance. Il y a quelques années, mon intérêt pour ces poissons se raviva, après avoir vu, sur le net, des photos de Tropheus Moori Nkonde, Linangu et Musanga. Et encore, pas facile d’en trouver, car, ils sont rarement proposés dans le commerce aquariophile, et les zones où l’on pêche ces variétés sont infestées de crocodiles et d’hippopotames, ce qui ne facilite pas leur capture.

Les différentes populations de Tropheus Moori « yellow rainbow » sont pêchées dans la partie sud du parc national Sumbu, en Zambie. On les trouve entre l’estuaire de la rivière Lufubu et les environs de Kasaba bay lodge.

Vers la fin des années 70, la situation est relativement simple, car, dans le commerce aquariophile, deux noms apparaissent sur les stocks listes qui proposent des poissons du groupe « yellow rainbow ».

Tropheus Moori Kabayeye (Nambeyeye) a été découvert au printemps 1975 par Wolfgang Staeck, il a été décrit en 1977 par Nelissen, et les premières importations de ce poisson pour le marché aquariophile datent du début de l’année 1978.

Son aire de répartition se situe en Zambie, entre le cap Lupala et l’embouchure de la rivière Lufubu, qui inclus les caps Kabayeye, Chikutula et Kasenga.

Tropheus Moori Kabayeye a le corps gris-vert à bleu-vert dans sa partie dorsale, jaune-vert dans la partie ventrale, avec une tache jaune allongée sur les flancs. La tête est brun rougeâtre à rouge bordeaux avec des petits points bleu clairs, pour les individus pêchés entre le cap Kabayeye et la rivière Lufubu. Les nageoires sont jaunes et la queue gris foncé. C’est une race qui est proche de celle du cap Chaitika (qui est aussi appelée « blue rainbow »). En fonction de l’humeur du poisson, des petites barres verticales blanches et jaunes peuvent apparaitre.

Tropheus Moori Nangu a aussi été découvert en 1975 par Wolfgang Staeck, décrit en 1977, et importé pour la première fois en 1978.

On le trouve dans la région de la péninsule Inangu, près du cap Nangu, avec des petites variations de coloration tout le long de cette étendue de cotes.

Tropheus Moori Nangu a le corps vert jaune à brun jaunâtre avec des barres marquées, le ventre est jaune blanchâtre. Sa tête est foncée, mauve à rouge brunâtre, et sa nageoire dorsale jaune. Le contour de l’œil est jaune, les nageoires caudale, pectorales et ventrales sont sombres. Les petits points bleus clair sur la tête sont absents. Les petites barres verticales ont tendance à s’éclaircir vers le ventre. Les  couleurs ne semblent pas aussi éclatantes que celles de la variété Kabayeye, mais, cela dépend aussi de l’humeur du poisson, et de la qualité de l’eau dans laquelle il vit.

A la fin des années 90, les choses se compliquent, car, plusieurs nouveaux noms apparaissent sur les bacs de vente, semant souvent la confusion auprès des humbles amateurs que nous sommes.

Tropheus Moori Linangu a été découvert à la fin des années 1980, les premières importations de cette variété datent des années 1990.

On trouve Tropheus Moori Linangu au sud de Kala bay, en Zambie, qui se trouve près de la baie de Kasaba. La tête de Tropheus Moori Linangu est rouge vin, sa queue est noire. Le dos est vert et jaune, les flancs et le ventre sont jaunes, ainsi que la nageoire dorsale. Les juvéniles, les femelles et les males dominés sont brun-vert avec des barres jaunatres.  Les poissons dominants ont des petits points rouges orangés sur l’anale. Ces points disparaissent chez les poissons dominés. Quant au nouveau nom donné au Tropheus (Linangu), il ressemble étrangement à ceux du cap (Nangu) et de la péninsule (Inangu). La dernière fois que mon pote Bobby m’a rendu visite, nous avons passé beaucoup de temps devant le bac où évolue mon groupe de Tropheus Moori Linangu, et, nous nous sommes dit qu’ils ressemblent quand même beaucoup aux Tropheus Nangu que nous maintenions au début des années 90.

Tropheus Moori Nkonde a été découvert en 2001 par Thorsten Reuter sous Nkamba lodge. La coloration jaune de cette variété est beaucoup plus intense que celle des autres variétés, Nkonde signifie banane. La dorsale et une partie de la tête sont jaunes, le reste de la tête est rouge, la caudale est très foncée. L’intensité de la couleur jaune peut varier d’un individu à l’autre.

La localisation de Nkamba bay ne me semble pas exacte, car, c’est l’aire de distribution de Tropheus sp red Chilanga. Cette population a été découverte au milieu des années 1970, et, il n’a pas été mentionné qu’elle vivait en sympatrie avec une autre variété de Tropheus. Elle est entourée par Tropheus sp red golden Chisanse que l’on trouve au cap Nundo, à l’entrée ouest de Nkamba bay, et par Tropheus Moori Ilangi que l’on trouve à l’entrée est de Nkamba bay. Des cas d’hybridations entre Tropheus Moori Ilangi et Tropheus Moori yellow rainbow ayant déjà été mentionnés, je pense que la localité où l’on pourrait trouver Tropheus Moori Nkonde doit se situer entre le cap Nangu et l’entrée est de Nkamba bay (il y a d’autres hypothèses, je vous en parlerai plus loin). Ce n’est pas la première fois qu’un pêcheur donnerait une localisation erronée pour garder l’exclusivité d’un poisson. Dans les années 1980, la localité de pêche de Tropheus sp Kaiser Ikola était connue comme étant Kipili, alors que le poisson vient, en réalité, d’une zone se situant entre le nord du village d’Ikola et le sud du village d’Isonga. C’est une pratique courante chez les collecteurs, pour protéger leurs sources, d’induire volontairement leurs concurents dans l’erreur en leur donnant de fausses localisations. Il se dit aussi que Tropheus Moori Nkonde serait une sélection de couleur de Tropheus Moori Linangu.

Je  n’ai pas trouvé beaucoup de renseignements sur Tropheus Moori Musanga, sinon qu’il ne serait pas une variété, mais le résultat d’une sélection faite par un exportateur, dans des lots de Tropheus Moori Linangu. Des poissons pêchés au même endroit pourraient être vendus, suivant l’intensité de leurs couleurs, comme Tropheus Moori Musanga ou Tropheus Moori Linangu, et, les plus beaux, comme Tropheus Moori Nkonde (jusqu’où va-t-on aller ???). Musanga est le nom d’un arbre.

Dernièrement, on a vu apparaitre sur les stocks liste, une nouvelle variété de Tropheus Moori appelée Chilambo. Elle serait pêchée dans les environs du cap Nangu, mais, sa coloration serait plus jaune que celle de Tropheus Moori Nangu.

Cela fait beaucoup de noms pour des poissons qui, selon mon humble avis, se ressemblent beaucoup, car, si l’on fait quelques recherches sur le net, on trouvera des photos, et même des petites vidéos de groupes de Tropheus Moori Linangu, Musanga et Chilambo, et, malgré la qualité pas toujours très bonne des vues, on ne remarque pas de grosses différences entre les poissons présentés. De plus, selon Staeck, l’aire de distribution de Tropheus Moori yellow rainbow s’étend de l’estuaire de la rivière Lufubu, jusqu’à la baie de Kasaba. Moi-même, dans le groupe de poissons sauvages que j’ai achetés il y a quelques mois, les deux males dominants ne sont pas du tout colorés pareillement. Celui qui est souverain sur la partie gauche de mon bac a le corps plutôt jaune crème, alors que celui qui occupe la partie droite a une coloration jaune beaucoup plus éclatante (presque comme un Nkonde). Il y a près de 25 kilomètres de cotes autour du cap Nangu, et, il est normal de trouver des petites variations de couleurs parmi les poissons qui vivent le long de ces cotes, mais, est ce que cela justifie le fait de donner autant de noms différents aux poissons, surtout quand c’est le nom d’un fruit ou d’un arbre, il aurait mieux valu leur donner le nom du village ou de l’endroit où on les pêche, comme on l’a fait pour les différentes populations de  Tropheus Moori red rainbow que l’on peut trouver dans le commerce aquariophile (Kasanga, Kambwimba, Katalamba, Kapere). Je pense que le nom du lieu de pêche, pour nommer les différentes variétés de tropheus est la méthode la plus simple et la plus efficace pour éviter les confusions.

J’ai même vu, en faisant mes recherches pour cet article, sur un forum internet bien connu des amateurs de tropheus, un exportateur Tanzanien qui achète des poissons en Zambie, demander aux internautes, d’identifier un Tropheus du groupe « yellow rainbow ». Si l’intention peut paraitre louable, je pense quand même que c’est à l’exportateur de savoir ce qu’il vend.

En ce qui concerne la maintenance en aquarium des Tropheus, je ne pourrais que vous rappeler ce que je vous ai déjà dit dans mes précédents articles consacrés aux Tropheus (sp red Lupota, sp Kaiser Ikola), mais, une petite piqure de rappel n’a jamais fait de mal.

Les Tropheus sont des cichlidés endémiques du lac Tanganyika, on les trouve sur les côtes rocheuses, en général, en eau peu profonde. Ils sont connus comme étant des poissons très agressifs, surtout entre eux, c’est pourquoi il ne faudra pas hésiter à en acquérir un groupe le plus grand possible, une dizaine de poissons étant considérés comme un minimum. Quant au maximum, c’est votre porte monnaie qui décidera .

En ce qui concerne l’agressivité, il faudra veiller à ce qu’il y ait suffisamment de cachettes dans leur aquarium pour les poissons dominés. Si un poisson se fait quand même bien amocher, il vaut mieux lui offrir des cachettes supplémentaires où il pourra se retirer de la vue de ses congénères, plutôt que de le transférer dans un autre bac pour qu’il se refasse une santé. Un autre poisson dominé prendra alors sa place de souffre-douleur, et, quand vous le remettez avec ses compagnons, il risque de se faire massacrer en quelques minutes. Des bouts de tuyau en PVC, façon « Jean Pierre Hacard », suspendus dans les angles de l’aquarium, peuvent aussi rendre de grands services aux poissons dominés.

Quant à la maintenance des Tropheus à long terme, je suis un farouche partisan des groupes importants et des bacs peu enrochés avec un peu de sable fin. Il y a quelques années, j’allais souvent en Belgique et en Hollande avec des amis, et il m’est souvent arrivé d’aller acheter des Tropheus et d’autres poissons du lac Tanganyika chez des particuliers. C’est à une de ces occasions que j’ai vu, pour la première fois, des groupes importants de Tropheus, dans des aquariums qui n’avaient pour tout décor, que quelques pierres, ou même quelques briques creuses. Une densité plus importante de Tropheus dans un bac peut permettre de limiter les risques d’agressions des poissons les plus faibles, sans bouleverser le rythme des reproductions. Quand la population est plus dense, les Tropheus passent la majeure partie de leur temps à nager en pleine eau et à parader, sauf les dominants qui restent inféodés au décor.

Je n’ai pas assez de recul avec Tropheus Moori Linangu pour étayer ces dires, car, cela fait à peine une année que j’ai acquis mon groupe de poissons sauvages, et les reproductions viennent tout juste de commencer. Par contre, je maintiens depuis plusieurs années un groupe de Tropheus sp Kaiser Ikola (rfc n° 255 de janvier 2006). J’ai démarré avec une douzaine de jeunes poissons achetés à un particulier qui les avait reproduits. Quand ils ont atteint le stade « sub adulte », les bagarres ont commencé, avec pour conséquences, des poissons écaillés avec des nageoires en lambeaux, sans pour autant assister à des mises à mort. J’ai conservé des alevins des premières reproductions, pour arriver, quelques années plus tard, à un groupe d’une trentaine d’adultes, avec autant de juvéniles et de sub adultes. Arrivé à ce stade, plus de poissons abimés, bien que, de temps en temps, il y ait quelques courses poursuites, et, presque tous les adultes avaient une belle bande jaune bien visible. Cela pourrait paraitre excessif, mais, les poissons évoluaient dans un bac d’environ deux mille litres (un peu plus de trois mètres de long pour quatre vingt dix centimètres de large). Dans le lac Tanganyika, des bancs de plusieurs centaines de Tropheus peuvent se rassembler sur quelques mètres carrés, sans se quereller, pour brouter sur de grands rochers.

Fin 2010, j’ai fait l’acquisition d’un groupe de quatorze Tropheus Moori Linangu sauvages, six males et huit femelles. L’acclimatation s’est bien passée, mais, les problèmes ont commencé quand les poissons ont été transférés dans le bac de deux mille litres, et ont commencé à établir leurs territoires, et à mettre en place leur hiérarchie. Quelques poissons dominés se sont fait massacrer si rapidement, que je n’ai pu intervenir. C’était la première fois que j’investissais dans un groupe de Tropheus sauvages, et je croyais qu’ils auraient eu le même comportement que des poissons nés en aquarium. J’ai donc décidé de transférer le groupe de Linangu dans un aquarium de deux mètres de long, dans lequel je pourrais intervenir plus facilement avec deux petits tas de pierres. Maintenant, quand le souffre douleur est vraiment bien amoché, je peux le pêcher pour l’isoler dans un petit bac en plastique que je laisse flotter dans l’aquarium, le temps qu’il se rafasse une santé. Pour le relâcher, j’attends l’extinction des feux pour qu’il ne soit pas aussitôt assailli par ses congénères.

Si vous voulez agrandir votre groupe de Tropheus, il vaudra mieux rajouter des jeunes qui ne bouleverseront pas la hiérarchie qui s’est installée dans votre bac, sinon, vous devrez modifier entièrement le décor de l’aquarium, et attendre qu’une nouvelle hiérarchie se mette en place.

Dans le lac Tanganyika, les Tropheus se nourrissent en broutant les algues qui poussent sur les rochers, et en même temps, ils mangent aussi les larves de crustacés et d’insectes qui vivent parmi ces algues. Mes Tropheus sont nourris essentiellement avec des paillettes et des granulés de bonne qualité pour poissons végétariens, et, de temps en temps, un petit morceau de brocolis. Quand j’en ai le temps, vu que j’habite près de la mer, je vais leur pêcher quelques petites crevettes et des puces de mer. L’intestin des Tropheus est très long, il mesure environ huit fois la longueur du poisson, ce qui le range dans la catégorie des poissons végétariens. Il faut donc faire très attention à ce que l’on donne à manger aux Tropheus, car, ils sont très sensibles aux maladies intestinales qui, parfois, causent des ravages dans les groupes de poissons infectés.

Les Tropheus sont des incubateurs buccaux maternels qui pratiquent, quand ils se reproduisent, la position en « T ». Chez la femelle, la papille génitale est grosse et arrondie, bien séparée de l’anus, et c’est encore plus évident quand elle s’est déjà reproduite. Par contre, chez le male, elle est petite et étroite, presque collée à l’anus. Pour la ponte, le male creuse une petite cuvette dans le sable, et la femelle prête à pondre a son oviducte bien saillant. Le male attire la femelle dans son territoire en faisant trembler tout son corps, la ponte ne dure pas longtemps, car le nombre d’œufs est faible, une quinzaine maximum. La ponte peut aussi avoir lieu sur une pierre. L’incubation des œufs et des alevins dure entre trois et cinq semaines, ces derniers étant déjà assez gros au lâcher.

Quand je désire récupérer des alevins, j’isole les femelles en incubation dans des bacs en plastique que je laisse flotter dans l’aquarium dans lequel  les poissons sont maintenus, cela leur permet de rester en contact avec leurs congénères, de pouvoir tranquillement mener leurs incubations à terme, et de ne pas risquer de se faire massacrer par les autres tropheus au moment de leur réintroduction dans le bac de maintenance. Il n’y a pas non plus de risques d’effets néfastes sur les alevins qui, n’ayant pas été imprégnés par le comportement parental, risqueraient plus tard, d’être de mauvaises mères, si on les a expulsés manuellement de la bouche maternelle. Ce fait est contesté, mais, il m’est souvent arrivé d’avoir des femelles qui ne gardaient pas leurs premières incubations. Cela évite aussi à ces dames, le stress des manipulations pour récupérer les précieux alevins.

Quand madame a libéré ses rejetons, je la relâche dans son aquarium, et je transfère les alevins dans un plus petit bac. Quand ils ont atteint la taille d’environ cinq centimètres, ils peuvent rejoindre leurs parents, et d’autres poissons, sans risques de prédation.

Pour ce qui est de la cohabitation de plusieurs variétés de tropheus dans un même aquarium, je pense qu’il vaut mieux l’éviter.  Dans le lac Tanganyika, il existe des endroits où l’on peut trouver plusieurs espèces de Tropheus, mais, elles ne vivent pas à la même profondeur, et ne se retrouvent jamais ensemble. Par contre, en aquarium, une variété essaiera de dominer l’autre, et les poissons dominés ne seront pas aussi colorés qu’ils devraient l’être. De toute façon, dans un groupe de Tropheus d’une même variété, il y a tellement de patrons différents suivant l’humeur des poissons, entre les dominants et les dominés, les adultes et les jeunes, les poissons qui se reproduisent, ceux qui défendent leur territoire que cela suffit au plaisir des yeux.

Si vous décidez quand même de mettre deux ou plusieurs variétés de tropheus dans un même aquarium, et que vous avez un grand bac à votre disposition, évitez de mettre des variétés dont le patron de coloration se ressemble, ou deux variétés d’une même espèce, afin de ne pas courir le risque d’avoir des hybrides lors d’une reproduction.

Pour tenir compagnie à mes groupes de Tropheus, je mets souvent dans mes bacs quelques Julidochromis ou cichlidés gobies du lac Tanganyika, et, quand la taille et le volume de l’aquarium le permettent, un groupe de Cyprichromis ou de Xénotilapia.

Les Tropheus n’ont pas toujours une bonne réputation auprès des aquariophiles, on les accuse souvent d’être fragiles, agressifs et difficiles à reproduire, mais, je ne trouve rien de plus beau à voir évoluer dans un bac qu’un groupe important (à partir d’une trentaine d’individus, cela commence à être vraiment intéressant) de ces petites brutes vacant à leurs ocupations.

Je remercie mon pote « Bobby » de m’avoir fait découvrir Tropheus Moori yellow rainbow. Un grand merci aussi à Gérard Delfour pour la lecture de la première mouture de l’article, et ses précieux conseils pour l’améliorer.