La diffusion est-elle une solution pour conserver ?

Contrairement à une idée assez répandue (le meilleur moyen de conserver, c’est de diffuser, encore et encore), vous avez sans doute vu que nous ne concevons pas actuellement la « diffusion » comme un moyen de conserver, mais comme un complément

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Il est tout à fait vrai que le fait de diffuser largement une reproduction contribue à faire en sorte qu’une espèce donnée existe sur une certaine période dans le milieu aquariophile ; pour cela, et en complément des échanges directs entre amateurs, les bourses sont un excellent vecteur (étant observé que leur audience baissent dangereusement).

C’est sans doute pour cette raison que l’AFC, des le départ, à créer les pages vertes et orientée son organisation vers des réunions régionales (agissant comme des maillons entre les clubs et les amateurs) et un congrès unique en Europe à l’époque.

Alors que d’aucuns ont la critique facile, on sous estime largement le caractère novateur, à l’époque,  de cette organisation.

Clairement, l’objectif de ce système était de favoriser la connaissance des espèces en permettant au plus grand nombre d’amateurs de pouvoir les acquérir. Les bourses ont donc eu un rôle très important dans la diffusion, d’autant qu’elles ont mis un point d’honneur à écarter les poissons les moins conformes, sans pour autant chercher à diminuer le nombre de FX, car ce n’était pas le but recherché à l’époque (promouvoir les cichlides).

Elles n’étaient pas organisées pour assurer la diffusion des espèces rares, encore moins pour la conservation, que les amateurs échangent souvent par relation de proximité (sauf au congrès) .La production d’espèces rares reste souvent le fait d’un homme, relié par sympathie avec des amateurs proches ; dans ces réunions, il diffuse ses reproductions à tout public.. Dans le même temps, les poissons «  la mode » suscitent l’intérêt de beaucoup d’amateurs qui irriguent les bourses de leurs jeunes, ces derniers  disparaissant quand une nouvelle mode survient.

Durant ces dernières années, et comme nous venons de le dire, ce système a été profondément perturbé par la percée d’internet, avec lequel on « trouve tout sur tout », même si la vérité est plus nuancée. C’est ainsi que sont proposés sur des sites généralistes d »achats-ventes de tout » des poissons qui sortent du circuit traditionnel des amateurs et qui ne sont pas toujours des variétés courantes ; cette possibilité n’est pas forcement mauvaise puisqu’elle donne une « visibilité » énorme à l’offre ; par contre, elle laisse la porte ouverte à toutes les pratiques, des reproductions de souches rares pouvant se trouver « perdues » par des amateurs peu préparés. Avec les difficultés économiques, internet est sans doute à l’origine d’un certain essoufflement des bourses dont l’interet majeur reste d’organiser des moments de rencontre toujours appréciés

S’il a fait plus que ses preuves, ce système montre maintenant ses limites et des améliorations pourraient accroitre l’efficacité de la diffusion :

-A tous les niveaux (clubs, annonces, liste de maintenance), segmenter les informations pour bien distinguer la nature des  espèces (courantes, rares, etc.)  et les générations (F0,  souches, F1 suivi, etc.) ; à notre connaissance, un seul forum isole la maintenance des souches dans ses listes.

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-Centraliser les informations relatives aux poissons maintenus et appartenant à des espèces menacées ; promouvoir les projets de conservation,  recenser les souches et les poissons de ces espèces.

-Augmenter la visibilité des F0, voire des F1

-Promouvoir la diffusion « organisée » des lors qu’elle existe concrètement (mettre en valeur les amateurs spécialisés) et inciter, en augmentant la visibilité des informations, à la constitution de groupes d’amateurs.

Si elles sont mises en place progressivement, étape par étape, et relayées par les régions, clubs et bourses, ces adaptations sont tout à fait réalisables sur quelques années. Elles sont de nature à cibler les informations offertes à chaque amateur (donc à accroitre sa satisfaction) et à mieux gérer les efforts pour les répartir en fonction des espèces et générations de poissons. A leur tour, elles peuvent contribuer à faire baisser la pression de pêche et à favoriser un développement qualitatif des cheptels maintenus.